JOËL
HUBAUT


L’Ubette du Bö
Arrangement et répartition pour un Social Déca-Bal
9 septembre au 10 octobre 2004
(grande galerie et petite galerie)

Clin d’œil au ciné-bal L’Aubette de Théo Van Doesburg, Sophie Tauber et Jean Arp, qui vit le jour dans les années 20 à Strasbourg. L’Aubette, pièce architecturale, fut un lieu de vie, simultanément salle de bal et de cinéma avec librairie et brasserie-choucroute.

Si je vous dis : Social Déca-Bal, dédigitale-dance, la danse dite « la Boa-Boa » , vous me répondrez : « c’est de la danse ». Mais quelle sorte de bacchanale est-ce ?. Tous ces noms et bien d’autres termes encore inédits dans notre Larousse Illustré, font partis du vocabulaire de Joël Hubaut. Il nous invite au vernissage à parachever son œuvre par un bal qui fera partie intégrante de son installation. Vous êtes tous invités à découvrir « l'univers épidémik » de Joël Hubaut.

L’Ubette du Bö est proposée comme a-espace constructif potentiel, noyau hybride, épidémik. Il est le patch impur début d’siècle/début d’siècle, le sub-lien contaminant, le mixage. Deux grandes tables-bars à roulettes tranchent l’espace symétriquement, mais ces prototypes sont modulables, transformables et asymétriques. Une variation cellulaire sera effectuée durant le vernissage par des interruptions volontaires dites « le Trou du bal ». Ce sera l’occasion de tenter des figures aléatoires in situ. L’aura du lieu baignera dans un style saucisse universelle (étalon organique « tour/étron/cordon/sex » que je développe depuis 2000. (Voir Le traité de la saucisse et La chasse au Knack.)

Dans L’Ubette du Bö, le public est invité à danser le jour du vernissage. Sur le grand écran, on découvre une « néo-projection-mix » en noir et blanc de segment de films du début du siècle, un montage-compilation en vrac rappelant le nouveau XXe siècle.

On danse pendant la projection diffusée sur un grand écran au mur. (Ce bal sera filmé puis monté pour être projeté illico, remplaçant la compilation-début du XXe siècle par le début du XXIe siècle pendant toute la durée de l’exposition sur grand écran.)

Pour le social déca-bal, je propose la création d’une « alter-dance ». La danse dite : « la Boa-Boa » de la série « dédigitale-dance ». Je propose deux variantes de la Boa-Boa, l’une accélérée et l’autre ralentie. J’ai pensé qu’on pourrait danser en saucisse, les mains toujours collées au corps, directement patchées sur les cuisses. On pourrait donc danser sans les mains, une danse hyper dédigitalisée. On serait comme des troncs, comme des larves dressées entortillées et onctueuses. On pourrait s’ondoyer online dans l’espace, dans l’algèbre de l’espace. On pourrait s’asticoter, se crotaliser en saucisse-groupe, se sinusoïder en grouillant entre les beats ondulatoires. On serait des serpents technoïdes érotiquement twist mais démembrés. Boaaaum ! Boaaaum ! Boiiiiing... (distribution d’élastiques à vêtement pour chaque personne de manière à ce que chacun puisse avoir les mains scotchées en permanence contre la cuisse.)

Sur une paroi de L’Ubette est propagée une a-composition expansée infectée de saucisses-cocktails simulant l’alias néo-plasticisme d’une composition-trame de Théo Van Doesburg. Ce tableau tangent morphoplastique, construit à partir du module fractal saucisse-cocktail, est comme le papier peint, synthèse d’une mise à plat rabattu sur le flanc du plan. Un « flan » mou, concrètement mou et parodique comme l’équivalence d’une image d’un monde kitsch expansé à dé-verticaliser. Les autres parois sont rythmées de figures monochromiques de couleurs primaires peintes sur le mur in situ. Ces figures seront flashées en alternance (allumées/éteintes/allumées/éteintes) par des projections lumineuses de couleurs qui provoquent un décalage vibrant élémentaire, un peu comme une pièce de Verjux souillée par une guirlande de Noël.

La musique sera directement traitée à la sortie « live » un peu comme on traite un son guitare avec une pédale woua-woua.

Pour le bal, tenue légère souhaitée... Durant la soirée, je déclencherai trois ruptures aléatoires performatives en provoquant l’obscurité totale. Ces trois évènements « méta-entracte » seront prétexte à des disponibilités accidentelles, des hasards potentiels propices à vriller le relationnel établi. Je profiterai de ces ruptures de lumière dites « le Trou du bal » pour déplacer le mobilier et créer de nouveaux espaces avant de rallumer. C’est seulement pendant chaque fameux « Trou du bal » que la musique sera normale et sans effet woua-woua. Dès la lumière réactivée, le public pourra découvrir un nouvel espace et re-danser dans le pulse ondulatoire des entortillements collectifs au gré des sinuosités éprouvées. Et bien dansons maintenant !

Joël Hubaut 2004 - Goret-graphe

EXCEPTIONNELLEMENT :
Vernissage-bal jeudi le 9 septembre à 20h