ERIC
CARDINAL


Floraisons
12 mai au 11 juin 2006
(grande galerie)

Avec Floraisons, Éric Cardinal habille l’espace de la grande galerie d’objets jetables et hétéroclites en créant une nouvelle topographie du lieu et un univers floral constitué d’espèces inconnues et pourtant si familières. Par la manipulation génétique de cet écosystème, il évoque, entre nature et manufacture, le processus naturel de la vie allant du fleurissement jusqu’à la décomposition de celle-ci.

« Je travaille à partir de matériaux achetés à la quincaillerie ou dans des magasins à un dollar. Ceux que je privilégie appartiennent à une catégorie d’objets à la fois fongibles et consomptibles. La combinaison de ces deux caractéristiques crée une dualité intéressante chez ces objets car elle montre à la fois la fin et l’infini qui les habitent. En effet, d’un côté, leur consommation provoque sur eux des modifications radicales voire destructrices, de l’autre, ils restent tout à fait remplaçables. Ils sont inépuisables.

Je détourne ces objets de leur destination première, les consommant d’une manière inopinée. Leur fin et leur transformation ne seront pas celles qui leur sont normalement destinées. Les objets sont neufs. Il n’est pas question ici de récupération. On peut parler de «non-récupération» d’objets récupérables, d'art du gaspillage, du rejet et de la perte.

Une grande partie du travail est déjà amorcée avant que je ne m’implique, puisque les objets que je sélectionne sont manufacturés. Je les choisis d’abord pour leurs qualités matérielles puis je procède par altération. Les gestes sont simples : je coupe, je colle, je plie, je froisse… En somme je bricole.

Je ne cherche ni à imiter la nature, ni à m’inspirer d’elle pour produire mes formes auxquelles j’aboutis. Pourtant mes bricolages finissent toujours par ressembler à quelque chose d’organique. L’exercice est à chaque fois un retour ironique à la nature. » – E. C.

Éric Cardinal vit et travaille à Richmond. Il détient un baccalauréat en arts visuels et médiatiques (Université du Québec à Montréal, 2001). Il a présenté son travail à Axenéo7 (Gatineau, 2005) et au Musée d’art contemporain des Laurentides (St-Jérôme, 2004).

Vernissage vendredi le 12 mai à 20h